Il n'atteindra pas la notoriété de LAVERAN mais sera un des médecins éminents de l'Institut Pasteur d'Alger : "Depuis 1911, [le Dr Louis-Michel PARROT] était en relation avec le docteur Etienne Sergent qui l'avait remarqué pour la rédaction d'un petit manuscrit de conseils d'hygiène à l'intention des écoles primaires. Il avait aussi hospitalisé un malade porteur d'un parasite intestinal rare dont il avait réussi à isoler les parasites mâle et femelle qu'il avait envoyés à l'Institut Pasteur. Esprit curieux, doué d'un sens profond d'observation, Louis Parrot était frappé par l'importance des maladies transmissibles et contagieuses. II devint ainsi tout naturellement un collaborateur occasionnel des frères Sergent. C'est ainsi qu'Edmond Sergent n'hésitera pas à le nommer chef de laboratoire à l'Institut Pasteur d'Alger où il poursuivra désormais sa carrière et dont il deviendra le sous-directeur en 1944.
Son œuvre scientifique est considérable.
Après avoir porté ses recherches dans le domaine du paludisme, des leishmanioses, de la tuberculose et des piroplasmoses, Louis Parrot était devenu un spécialiste mondial des phlébotomes faisant don à l'Institut Pasteur de sa collection personnelle, une des plus complètes qui soit. Devenu secrétaire général des archives de l'Institut Pasteur d'Algérie, il en assura la publication pendant plus de quarante ans et en fit une revue de haute tenue scientifique.
Officier de la Légion d'honneur et titulaire de multiples décorations tant civiles que médicales, ce témoin de la réalité de l'Algérie française et de son rayonnement fut blessé à mort par le drame du départ.
La physionomie austère de Louis Parrot cachait aussi une grande sensibilité.
Son élève, le professeur J.G. Marchal, déclare : " Son œuvre solide reste le témoignage d'une partie de l'œuvre grandiose accomplie par tous ceux qui, dans le désintéressement et bien souvent au péril de leur vie, se sont penchés sur des peuples délaissés et abandonnés aux pires épidémies. Tant d'efforts, tant d'abnégation ne doivent pas être recouverts à jamais du voile de l'oubli.".